Église Notre-Dame de la Nativité
L’église paroissiale de Moret, sous l’invocation de Notre-Dame, remonte à celle de N.D. de Paris. Elle a été bâtie par Louis-le-Jeune et dédiée, en 1166, par le fameux Thomas Becket, archevêque de Cantorbery alors en exil à Sens.
L’abside sans déambulatoire, le chœur et le transept construits au XIIIe siècle sur trois niveaux s’inspirent de la cathédrale Notre-Dame de Paris. La nef fut érigée au XIVe siècle. La dernière travée, la façade et le portail du XVe siècle sont de style gothique flamboyant. Une tour clocher richement décorée fut alors ajoutée sur la face nord du chœur : malheureusement, les assises étant insuffisantes pour un tel poids, le clocher penchait dangereusement et l’on dut, en 1697, combler les ouvertures intérieures pour éviter l’effondrement du chœur.
L’ample verrière rayonnante du transept révèle un art parvenu à son accomplissement au milieu du XIIIe siècle. Aucune innovation n’apparaît plus dans la nef construite au XIVe siècle.
Moret-sur-Loing
En 1630, l’historien du gatinais, D. Morin décrit ainsi l’ancien état de la ville : Elle est d’une assiette assez forte et bien bâtie de belles maisons. Il y a trois portes à cette ville : celle de Paris, du Pont de Loing et la porte d’Orléans. Aujourd’hui son vieux chateau ne présente que des ruines pittoresques et une des portes a été détruite.
Ce fut dans le château de Moret que le surintendant Fouquet resta prisonnier pendant les trois années de son procés.
Près de la ville, du côté de la Porte du pont, était un prieuré nommé Pont-Loup, dont l’église s’enorguellissait de posséder un doigt et un œil de Saint Blaise, et le chef de Saint Julien. Vendue à la révolution, cette église sert aujourd’hui à des ouvrages profanes. Un peu plus loin, se trouvait le prieuré de St-Mamert, ou venaient porter leurs offrandes les personnes travaillées de la rage, qui s’en trouvaient guéries.
Selon M. de Saint-Simon, il y avait un couvent dans lequel était une Mauresse inconnue à tout le monde, où elle avait été mise toute jeune et pour laquelle on versait une grosse pension tous les ans. On prétendait qu’elle était la fille du roi et de la reine, mais que sa couleur l’avait fait cacher et publier que la reine avait fait une fausse couche.
Source : L’Antique et royale cité de Moret-sur-Loing par M. l’abbé Alexandre Pougeois. 1928








Les verrières du chœur
L’explosion du pont, le 24 août 1944, a fait disparaître la quasi totalité des vitraux. Seuls quelques fragments des anciens vitraux ont subsisté.
La grande verrière de l’église Notre-Dame de la nativité date de 1956. Comme celle de de la collégiale Notre-Dame et Saint Loup de Montereau-Fault-Yonne, elle est due à Albert Bray (Architecte) et Henri Bray (maître verrier)



L’autel de la Vierge
Avant la révolution, l’autel de la Vierge se trouvait dans l’abside au fond du chœur depuis 1702. L’emplacement actuel masque ainsi une porte latérale dite porte de Saint Mammès.



L’orgue renaissance
La tribune qui supporte l’orgue accroché au mur sud du fond de la nef a été construite à la fin du 15ème siècle. Le buffet Renaissance quant à lui a été construit sous Henri II, entre 1530 et 1540.
En 1664, le facteur parisien François du CASTEL réalise un orgue neuf dans le buffet historique. C’est un instrument de 15 jeux sur un clavier et pédalier en tirasse. Après la révolution, le délaissement et le vandalisme eurent raison de l’instrument dont le reliquat de la tuyauterie fut vendu en 1870.
En 1993, le buffet a été transféré dans les ateliers du facteur Michel GIROUD à Bernin (Isère), grand spécialiste de la restauration d’instruments de cette époque. La mécanique a été reconstituée. La tribune a été restaurée et consolidée en 1997. Enfin en début 2002, l’instrument a retrouvé sa place. Il a été inauguré le 26 mai 2002.



Alfred Sysley et l’église Notre-Dame
Alfred Sysley (1839/1899) qui vécut à la fin de sa vie à Moret-sur-Loing a représenté douze fois l’église Notre-Dame sous le même angle, soit un motif par mois en 1893-1894.









